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La mode a un impact environnemental sur la planète que l'on qualifie comme la pollution textile. Chaque année, il y a plus de 100 milliards de vêtements qui sont vendus dans le monde, c’est-à-dire environ 60% de plus qu’il y a 15 ans. De nos jours, la mode se renouvelle en permanence ce qui pousse les consommateurs à acheter toujours plus. Cependant, l’industrie du textile est l’une des plus polluantes et les vêtements ont un impact environnemental conséquent que ce soit par leur fabrication, leur lavage ou leur fin de vie.

La pollution textile

L’industrie textile est très polluante. En effet, elle produit des émissions nocives qui nuisent à l’environnement et à la santé humaine. Cette industrie nécessite un nombre considérable de ressources et elle produit également beaucoup de déchets qui ne sont pas biodégradables et  sont nocifs pour notre planète.

Quelques chiffres sur la pollution textile

La pollution textile
Selon une étude de l’ADEME ( Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie ), l’industrie textile à un impact fort sur l’environnement. En effet, selon cette étude, l’industrie textile est le 3ème secteur le plus consommateur d’eau dans le monde après la culture du blé et du riz. La production de textile utilise 4% de l’eau potable disponible dans le monde. De plus, 1,2 milliards de tonnes de gaz à effet de serre sont émis chaque année par le secteur du textile, ce qui représente jusqu’à 10% des émissions de gaz à effet de serre mondiaux. On détermine l’impact environnemental d’un vêtement durant l’intégralité de son cycle de vie : extraction et traitement des matières premières, fabrication, utilisation et fin de vie (décharge, recyclage…). Dans le textile, il faut faire une analyse du cycle de vie dès la production des matières premières : Pour les matières premières on a la culture des fibres naturelles, la récolte et l’emballage. Pour les fibres synthétiques, il y a extraction du pétrole et transformation pour arriver jusqu’au fil. Ensuite, pour la fabrication, on a la confection du tissu, la fabrication du vêtement textile, avec prise en compte du transport entre chaque étape, ainsi que les déchets générés. Pour la distribution, il y a le packaging des produits, le transport jusqu’au lieu de vente, la consommation en énergie des points de vente. Pour l’usage, il y a le nombre de cycles de lavage, séchage et repassage… Pour finir, il y a la fin de vie avec l’incinération ou le recyclage et le transport associé… Il faudrait environ 70 douches soit 2720 litres d’eau douce pour produire un t-shirt en coton de 250 grammes. Il faudrait donc 7500 litres d’eau douce pour produire un jean, ce qui correspond à la quantité d’eau bue par un être humain pendant 7 ans, ou l’équivalent de 285 douches. Ce sont des chiffres qui font réfléchir ! Avant, l’industrie de la mode ne produisait que deux collections par an à compter : la collection hivernale et la collection estivale. Depuis les années 2000, la mode ne fait que évoluer et la tendance toujours en plein essor. La production de vêtements a doublé entre l’année 2000 et l’année 2014. Lors de l’entretien de vêtements synthétiques, on estime que 500 000 tonnes de micro-plastiques sont rejetées dans les océans chaque année. Par exemple, Zara lance environ 12 000 nouveaux produits chaque année, avec une nouvelle collection tous les 15 jours. Pour fabriquer un jean, il faut 1 kg de coton, 5000 à 10 000 litres d’eau, 75g de pesticides et 2 kg d’engrais chimiques. En Chine, 20% de la pollution d’eau douce dans le monde est liée au traitement et à la teinture du textile. Seules quelques entreprises comme H&M, Nike ou Mammut prennent des mesures pour réduire leur influence sur les changements climatiques ou la pollution de l’eau, pour essayer de diminuer au maximum la pollution textile. 70% des vêtements qui constituent notre garde-robe ne sont pas portés. Chaque année, un Français achète 9 kg de vêtements et en donne 3kg. L’équivalent d’une benne de vêtements est jetée chaque seconde dans le monde. Il y a un total de 2,1 milliards de tonnes de déchets textiles qui sont produits dans le monde. En Europe, il y a 4 milliards de tonnes de déchets vestimentaires par an. Il y a seulement 20% des vêtements qui sont recyclés et 80% sont jetés. Les marques elles-mêmes sont également contraintes de jeter leur propre production qui sont les invendus.

Des matières premières qui sont polluantes pour l’environnement 

On mesure la pollution textile avec l’ACV (Analyse du cycle de vie). Avec cette mesure, on quantifie et recense les flux physiques de matière et d’énergie associés aux activités humaines. On doit donc être capable de mesurer l’empreinte environnementale à toutes les étapes de la vie du produit sur les différents indicateurs d’impact avec les 3 principaux qui sont : le changement climatique, l’eutrophisation de l’eau douce et l’utilisation des ressources fossiles. Les matières premières qui composent nos vêtements sont elles mêmes polluantes pour notre environnement, avec la consommation d’eau, de pesticides ou d’émissions de CO2. Pour cette consommation d’eau, on peut prendre l’exemple du coton. Il doit bénéficier d’une grande quantité de soleil pour pousser correctement et ne surtout pas être exposé au gel. Il a surtout besoin d’une quantité d’eau importante. On appelle cela l’empreinte eau nécessaire pour une culture de coton. On peut alors d’ailleurs distinguer 3 types d’eaux : – l’eau verte qui est l’eau de pluie qui alimente les champs, – l’eau bleue qui désigne l’eau des ressources naturelles telles que les eaux de surface et les eaux qui proviennent de la nappe phréatique. Et pour finir – l’eau grise qui est l’eau polluée durant le processus de production. Par exemple, selon une étude menée par l’UNESCO, on peut voir que 10 000 litres d’eau sont nécessaires pour la production d’1 kg de coton. Il y a également une émission de gaz à effet de serre, avec les fibres synthétiques qui sont en cause. Par exemple, le polyester, le polyamide, le polyuréthane ou encore l’acrylique sont des fibres synthétiques qui sont issus d’un procédé chimique à base de pétrole. Ce qui veut dire que 70% des fibres synthétiques produites dans le monde proviennent du pétrole.
La pollution textile

L’extraction du pétrole émet énormément de CO2 et donc contribue au réchauffement climatique.

Lors de l’Analyse du Cycle de Vie, les étapes à prendre en compte lors de l’étude sont pour la production des matières premières voir si les fibres utilisées sont : des fibres naturelles qui proviennent d’élevage de moutons, culture coton, lin.., des fibres synthétiques qui sont une extraction de pétrole ou alors des fibres artificielles qui proviennent d’une production de bois.

Ensuite, pour la fabrication des textiles il faut préciser : la fabrication du fil, le tissage, le tricotage, le non-tissé, l’ennoblissement, la confection, le transport et la distribution. Pour l’utilisation, il faut voir le lavage, le séchage et le repassage. Pour finir, il faut prendre en compte la fin de vie et voir comment est éliminé le vêtement, si il est recyclé ou si il est réutilisé comme vêtement de seconde main par exemple.

Une utilisation de substances toxiques

Il y a besoin de l’utilisation de substances toxiques pour le processus de transformation de vêtements. Par exemple, pour la fabrication de vêtements en laine on a besoin d’une certaine quantité d’huile aux fibres pour faciliter le glissement et le peignage.
Cependant, c’est après l’étape du tissage que ces produits posent problème. L’eau n’est pas traitée avant d’être rejetée dans la nature et donc elle va affecter directement la biodiversité et notre santé.

Il y a surtout le problème de la teinture des tissus. En effet, selon une étude de l’ONU, l’industrie textile consommerait 4 milliards de tonnes d’eau par an pour teindre 30 milliards de tissus. Il s’agirait donc du second facteur de pollution de l’eau au monde.

Le processus commence par le blanchiment du tissu avant la teinture avec l’eau de javel. Celle-ci libère du chlore qui se combine avec les molécules organiques contenues dans les sols, l’eau et l’air. Le chlore est une substance très nocive car il est insoluble et peu biodégradable. Ce qui amène les plantes, puis par la suite les animaux et les êtres humains à en consommer selon la chaîne alimentaire.

Après cela, les matériaux sont avec leurs couleurs définitives mais sont constitués de métaux lourds qui sont des substances très nocives pour l’environnement mais également pour les employés. Ces substances nocives sont d’ailleurs ensuite rejetées dans les eaux usées lors du rinçage.

Le transport de ces textiles est aussi une source d’émissions de gaz à effet de serre, il pèse aussi dans le bilan environnemental de la mode.

D’après une étude de l’ADEME, il y aurait une émission de 1,2 milliard de tonnes de gaz à effet de serre chaque année soit environ 2% des émissions globales de gaz à effet de serre. Ce qui veut dire que ces émissions viennent de la production mais également du transport de nos vêtements. Le transport doit suivre un sacré rythme pour les livraisons et donc l’avion est souvent utilisé car c’est le plus rapide, malgré ses impacts environnementaux.

Pour l’entretien de nos vêtements, le dégât des microplastiques qui sont utilisés pour le lavage sont également nocifs pour l’environnement. Le cycle lavage-séchage-repassage est un cycle qui demande une quantité importante d’eau et est énergivore.
De plus, il y a énormément de produits toxiques qui sont contenus dans la lessive. Elle contient entre 15 et 25 molécules, parfois issues du pétrole comme les tensio-actifs.

La pollution textile

Autres facettes négatives de la production textile

Le drame du Rana Plaza est survenu le 24 avril 2013, dans la banlieue de Dacca au Bangladesh. C’était une usine textile de huit étages qui produisait des vêtements pour de grands distributeurs européens de mode « rapide ». Le bilan humain a été de 1138 ouvriers et 2500 blessés. L’effondrement de cette usine a éveillé les consciences des consommateurs sur les modes de travail dans certaines usines.
La pollution textile

Depuis cet évènement et autres, on essaye de changer un peu nos modes de consommation mais la pollution textile reste quand même toujours d’actualité. On cherche de la mode éthique et durable, voir se tourner vers de la seconde main.

Le secteur de la mode textile emploie environ 75 millions de personnes à travers le monde. Cependant, les personnes ne travaillent pas toutes dans des conditions correctes et c’est encore un point négatif dans la production du textile. Par exemple, il y a une exploitation des enfants, des femmes, avec des salaires très bas et des conditions de travail qui sont peu supportables.

Selon l’Organisation Internationale du Travail, 79 millions d’enfants entre 5 et 17 ans font un travail dangereux dans le monde. Au Bangladesh, il y a 15% des enfants qui proviennent de bidonvilles de la capitale de la ville de Dacca et qui sont âgés de 6 à 14 ans et qui font un travail en temps plein, soit 64 heures par semaine pour 30 euros par mois, c’est-à-dire pour une misère.

Les inégalités existent également dans les chaînes de production. Les chaînes de production ont toujours été connues pour des conditions de travail inhumaines. Cependant, les conditions de travail n’ont pas tant changées que cela. Les conditions de travail dans les entreprises de textile en Grande Bretagne est aux Etats-Unis surexploitent leurs employés avec également un salaire indécent et une précarité du travail sans aucune protection sociale, syndicale et sécuritaire de l’emploi.

Enfin, il y a aussi la surexploitation des femmes. Elles représentent 60 millions de travailleurs dans l’industrie textile c’est-à-dire une grande majorité. Elles travaillent en moyenne 12h par jour. Elles ne touchent que 0,18€ sur un t-shirt qu’elles ont confectionnés entièrement et qui se vend 29€ en moyenne. Selon une autre étude d’une ONG Human Rights Watch, beaucoup de violations des droits du travail ont été dénoncées.

La pollution textile

Comme par exemple, avec les « travailleuses invisibles » qui sont des ouvrières qui font partie de l’industrie textile et qui sont exploitées depuis leur domicile et donc qui ne font pas attention à la réglementation du droit du travail.

Toutes ces raisons, pousse donc encore plus à s’orienter vers la seconde main plutôt que de continuer à surconsommer les vêtements et participer à la pollution textile et à la surexploitation des femmes et des enfants.

Pourquoi s'orienter vers la seconde main ?

La pollution textile
La seconde main signifie « d’occasion ». Il s’agit de réutiliser des vêtements qui ont déjà été porté et qu’on ne mets plus pour leur donner une seconde vie. C’est donc un mode de consommation responsable pour l’environnement et qui diminue la pollution textile. Les friperies et autres magasins de dépôt-vente sont donc très à la mode auprès des français. C’est aujourd’hui un geste écologique, qui ne coûte pas cher, qui peut aller à tous les styles et à tout le monde et on donne une seconde vie à des vêtements qui sont parfois quasiment neufs à la place de les jeter. Face à l’urgence climatique, nous devons lutter contre ces déchets textiles et préserver notre environnement. Il est donc préférable aujourd’hui de se tourner vers des marques qui ont une façon de travailler qui est différente de d’habitude. La seconde main est donc une formule plus économique et d’une meilleure qualité. C’est une stratégie 100% gagnante. Environ 130 milliards de vêtements sont consommés chaque année dans le monde. Ce qui montre que les français achètent énormément de vêtements et ne portent quasiment pas la moitié de ce qu’il y a dans leurs armoires, à la poursuite des nouvelles tendances qui sont en continuel changement, c’est basé sur le modèle de l’hyperconsommation et c’est nocif pour l’environnement. Par exemple, entre 2000 et 2015, la consommation des vêtements a progressé de 60%, alors que chaque pièce est pourtant gardée 2 fois moins longtemps. Les vêtements de seconde main sont d’ailleurs un geste solidaire. C’est aussi ne plus accepter de participer à l’exploitation des ouvriers et des ouvrières à l’autre bout du monde. Car on ne connaît pas le derrière des coulisses mais la face cachée de l’industrie est quand même bien sombre. Beaucoup d’enfants et de femmes sont exploités dans des conditions inhumaines et avec un salaire extrêmement bas. Un des autres avantages de la seconde main est le grand choix de vêtements proposés. Il y en a pour tous les goûts, à bas prix et chacun peut trouver son bonheur. Vous pouvez aller dans les friperies pour trouver des pièces uniques et être fière de les avoir trouver, vous pouvez vous démarquer. Choisir la seconde main, c’est défendre un autre mode de consommation qui est plus durable et plus responsable.

L'esclavagisme de l'industrie moderne

On parle d’esclavagisme moderne pour certaines entreprises de textile car les conditions de travail sont proches de l’esclavagisme moderne. Cela a commencé à être dénoncé pour l’entreprise Boohoo. C’est au tour d’un des leaders de la fast-fashion en ligne d’être pointé du doigt : She in.

En effet, les employés exercent 75 heures de travail par semaine. L’ONG suisse Public Eye est rentrée en contact avec trois femmes et sept hommes pour parler de ces conditions de travail. Ils ont rapportés des détails de conditions de travail qui sont accablants : « Les trois indiquent à peu près les mêmes horaires : de 8 h à midi, puis de 13 h 30 à 17 h 45, et enfin de 19 h à 22 h ou 22 h 30 » et « Les entrées et les escaliers ne permettent pas aux travailleurs de quitter les lieux rapidement. De plus, les fenêtres de l’étage supérieur sont grillagées ». rapporte l’ONG via un enquêteur interne.

Cependant, la marque She In promet des sanctions. Un porte-parole de la marque a déclaré suite à ces accusations «  Nous avons un code de conduite strict pour les fournisseurs. Si une non-conformité est identifiée, nous prendrons des mesures immédiates ».

D’autres polémiques on fait surface derrière ces dernières années dans le domaine du textile. La célèbre enseigne H&M a suspendu sa collaboration avec des producteurs et fabricants du Xinjiang, car il y a eu des accusations de travail forcé de Ouïghours. En mars 2020, un think tank australien affirmait que des dizaines d’usines chinoises œuvrant pour le compte de grandes marques internationales, faisaient travailler des milliers de Ouïghours sous la contrainte. L’industrie textile est en première ligne et c’est une raison de plus pour limiter cette pollution textile et ne pas participer à l’exploitation de ces personnes.

Ce que nous savons sur les conditions désastreuses de travail des Ouïghours sont déjà pour commencer, que les Ouïghours sont dans des camps d’internement, persécutés par le régime chinois. Il est estimé que 80 000 d’entre eux sont utilisés comme de la main d’œuvre presque gratuite et avec un travail forcé. Ce sont des camps de travail : les Ouïghours sont sortis des camps d’internement pour aller alimenter des usines.

La pollution textile

Quels sont les bons gestes à adopter ?

Nous sommes tous concernés par la pollution du textile. Les marques et les industriels peuvent donc agir ensemble pour réduire leur impact de la pollution textile dans le monde. Si tout le monde s’engageait à repenser leur modèle de production et faire les bons choix, l’industrie pourrait changer et réduire considérablement sa pollution textile.

Les marques doivent penser à fabriquer des produits de qualité qui vont durer longtemps, utiliser des vraies matières responsables, certifiées et tracées, garantir la non-toxicité des produits et la sécurité des ouvriers et pour finir réduire les éléments polluants dans l’air et l’eau.

Il faut que les marques qui possèdent plusieurs fournisseurs, utilisent des outils qui permettent de structurer et de piloter efficacement l’éco-conception de leurs collections.

La pollution textile

La pollution textile provient de la surconsommation des vêtements dans le monde. En effet, tout au long de son cycle de vie, un vêtement est très polluant et consomme énormément d’eau pour sa confection. Une des alternatives pour limiter cette pollution textile est de se tourner vers des vêtements de seconde main. De plus, cela limiterait la production dans les usines qui exploitent des personnes et on ne participerait plus à cette torture. Il faudrait tous se mobiliser et limiter notre consommation de textile.

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